DIARRASSOUBA Mamadou
Université Péléforo Gon Coulibaly Korhogo/ Côte d’Ivoire
bassouradia@gmail.com
En Afrique subsaharienne, les violences entre agriculteurs et éleveurs ont connu augmentation au cours de ces dernières années dans des pays comme le Nigéria, le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire entraînant près de 2000 décès en 2020. (Brotten, 2021) En Côte d’Ivoire, l’élevage demeure encore une activité économique en développement au regard de sa contribution qui est de 4,5% au PIB agricole et 2% au PIB national. (Kohlhagen, 2020) La région du « Poro » dans le nord de la Côte d’Ivoire est une vaste étendue de savane où l’élevage transhumant a été introduit dans les années 1970. Cette initiative étatique visait le développement de l’élevage de bœufs afin d’assurer les besoins en protéines des populations. Toutefois, la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs sur un même espace dans plusieurs localités de la région, a entraîné et continue d’entraîner des conflits fratricides entre ces acteurs pour le contrôle du foncier. Les principales causes de ces conflits sont d’une part, la pression foncière croissance qui s’explique par les dégâts aux cultures provoqués par le passage du bétail. D’autre part, la pénurie des pâturages poussent les éleveurs vers les zones protégées notamment les domaines rivés, les forêts sacrées et la pratique de l’élagage des branches d’arbres. L’utilisation des drônes au service de l’élevage transhumant dans la région du « Poro » est une révolution qui permet de prévenir les conflits entre éleveurs et agriculteurs en traçant auparavant les itinéraires à suivre par les éleveurs de bétails dans la brousse afin d’éviter les surfaces agricoles. Cette étude pose comme préoccupation centrale, la prévention de la cohabitation conflictuelle entre agriculteurs et éleveurs dans la région nord de la Côte d’Ivoire. La présente étude a pour objectif d’aborder la question de l’utilisation d’un outil technologique de l’intelligence artificielle dans la prévention d’un conflit séculier. La méthodologie s’appuie sur la recherche documentaire, l’observation directe et des enquêtes par questionnaires auprès des agriculteurs et éleveurs. Les résultats préliminaires indiquent que l’expérience de l’utilisation des drônes par certains éleveurs de la région a permis d’une part, d’éviter au bétail de dévaster des champs d’agriculteurs au passage grâce au traçage de l’itinéraire. D’autre part, l’utilisation du drône permet de localiser désormais toutes les bêtes égarées du troupeau pendant la transhumance.
Mots clés : Drônes, prévention des conflits, éleveurs transhumants, agriculteurs
